Si l’urgence se fait sentir dans tous les secteurs de l’environnement, c’est au sujet du réchauffement climatique que la communauté internationale s’inquiète le plus. Et pour cause : la température moyenne du globe s’est accrue de 0,6°C depuis 1900, constituant l’augmentation la plus rapide enregistrée depuis que l’on fait des observations sur le climat. Selon les experts, cette hausse est imputable aux émissions de gaz à effet de serre (GES) causées par l’activité humaine.
Mais les prévisions sont beaucoup plus alarmistes que les constats. En effet, à la lumière des plus récentes études, il semble que si rien n’est fait pour réduire les émissions de GES, nous devions nous préparer à une hausse de la température moyenne terrestre de 2°C à 8°C (voire 11,5°C) d’ici 2100. Des changements de température aussi grands ne se sont produits qu’à de rares occasions dans l’histoire de la Terre, la plus mémorable étant la hausse de température survenue il y a 250 millions d’années. Elle fut causée par un effet de serre (provoqué par une activité volcanique extrême) qui a entraîné la disparition de 90% des espèces marines et de 75% de la flore et de la faune terrestres.
Une étude internationale récente intitulée « Meeting the Climate Challenge » révèle qu’il faudrait freiner l’augmentation de la température à 2°C pour limiter les dégâts à ceux qui sont déjà inévitables. Si on ne fait rien, cette limite sera atteinte dans dix ans. Si on dépasse cette limite, l’étude nous dit que nous pouvons nous attendre à des pertes massives de vies humaines, à des catastrophes écologiques graves ainsi qu’à un effondrement certain de l’économie d’ici quelques décennies. Advenant le cas où l’on ferait des efforts insuffisants ou trop tardifs, la portée et les échéanciers de toutes ces catastrophes varieraient en fonction des efforts que nous aurions mis à réduire nos émissions de GES.
De par la couverture médiatique l’entourant, le Protocole de Kyoto constitue une étape importante en terme de changement des mentalités populaires. Mais avec ses 5,2% de réduction des émissions de GES d’ici 2012, Kyoto représente environ le dixième de l’effort qu’il faudrait fournir pour éviter ou réduire la portée des catastrophes mentionnées. Dans ce contexte, si l’action individuelle est importante, c’est l’action politique qui fera la véritable différence.
La population est très favorable à l’application de mesures contre l’effet de serre mais nos gouvernements ne semblent pas vouloir bouger à ce niveau alors qu’ils ont tous les pouvoirs et toutes les raisons de le faire. Malgré cela, le présent document n’a pas pour but de présenter une liste des solutions envisageables pour contrer l’effet de serre, ces solutions existant déjà et étant passablement connues.
Cette formation a pour but premier d’informer la population afin que tous comprennent bien la gravité de la situation actuelle. Elle a également été conçue pour faire sentir toute l’importance et l’urgence d’une lutte aux changements climatiques dans une perspective d’action politique. Dans un avenir rapproché, il faudra élaborer un plan politique complet de lutte aux changements climatiques, question d’aborder ce problème dans son ensemble et d’orchestrer logiquement et harmonieusement l’ensemble des moyens déjà connus pour le contrer.
Le Québec, comme les autres pays qui émettent beaucoup de GES, a toutes les ressources humaines et techniques pour réduire drastiquement ses émissions et ainsi faire sa part. Mais le temps nous est compté. Il faut agir vite et bien, avant qu’il ne soit trop tard.
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